Publié : 13 octobre 2007

Fabliau

Blondin, l’âne fidèle

Ecoutez, Messires ! En ces temps difficiles, il fait bon se divertir autour d’un bon fabliau. C’est pourquoi, moi, Aliénore Gilemer, je vais vous conter cette histoire.

Jadis, un curé vivait dans un modeste presbytère à côté de l’Eglise. Un peu plus loin, dans ce même village, habitaient deux paysans devenus riches et qui possédaient un vieil âne. Ils l’aimaient bien, mais l’animal ne leur était d’aucune utilité à cause de sa vieillesse. Ils décidèrent donc de l’offrir au Bon Dieu pour le remercier de leur bonne fortune.
Le lendemain, à la fin de la messe, ils interpellèrent le prêtre :

- Seigneur, vous qui avez du sang bleu*, offrez Blondin, nôtre âne, à Dieu pour nous !

Le paysan déposa la longe de l’âne dans les mains du curé, puis, sa femme et lui partirent.

Rentré chez lui avec la bête, le curé l’attacha dans l’étable et s’assit sur une chaise. Les paroles du vilain le tourmentaient. Lui, il avait du sang bleu…. Il médita longuement et alla voir le vicaire :

- Croyez-vous que j’aie du sang bleu ? lui demanda-t-il.

- J’en mettrais ma main à couper ! répondit ce dernier en souriant.

Alors, le curé prit un coutelas et commença à s’entailler le poignet. Le sang jaillissait mais il était rouge ! Le vicaire le regardait, horrifié. Quant au curé, il s’affaissa sur le sol :

- Menteur ! Vous m’avez tous menti ! Regardez, mon sang est rouge ! Maintenant, coupez votre main comme vous me l’avez promis ! dit-il d’une voix rauque.

Le vicaire, le prenant pour un fou, s’enfuit à travers champs, tandis que l’âne, libre mais fidèle, s’en alla rejoindre ses maîtres de toujours.

Messeigneurs, cette histoire ne vous inspire-t-elle rien ? Le curé est crédule, ne faites pas comme lui, à force de croire tout ce que l’on vous dit, vous finirez par vous mordre les doigts.

Paola P. 5ème C

* avoir du sang bleu : avoir des origines nobles

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Blondin, l’âne fidèle