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Publié : 31 mars 2014

Plumes d’Afrique au collège

Venue de Toumani Kouyate, conteur malien

Le mardi 9 novembre, les élèves de 6ème et de l’ULIS ont eu le plaisir d’assister à une représentation de Tomani Kouyate. Au menu : contes, musique et danse !

Réunis dans la salle polyvalente, les élèves ont écouté les aventures du jeune roi qui voulait être le plus savant, de Tienny, tout petit garçon et grand sorcier, ou du garçon intelligent mais pas malin. Tomani Kouyate, griot (conteur), chanteur, musicien, a captivé l’auditoire qui répondait "Zoumama" (Raconte !) à chacune de ses sollicitations. Facétieux, M. Kouyate a fait danser élèves, documentaliste et professeurs au rythme d’instruments exotiques : le N’Goni (harpe luth) et le Sanza (piano à doigts). Tous ont été ravis de ce moment d’évasion !

Les élèves de 6èC ont transposé à l’écrit un des contes de Monsieur Kouyate : "Le garçon intelligent mais pas malin". Bonne lecture !

Le garçon intelligent mais pas malin

Il y avait dans un village en Afrique un jeune garçon nommé Phanuel qui vivait avec sa mère. Il était obéissant et intelligent, mais pas malin. Alors qu’il jouait dans le sable avec ses amis, Phanuel déchira le fond de son pantalon tout neuf. Il essaya de cacher le trou mais sa mère comprit ce qui s’était passé. Elle l’envoya alors chez le marchand chercher du fil et une aiguille, car elle était très gentille.

Phanuel, obéissant, s’acquitta de sa mission mais il ne savait pas comment ramener l’aiguille à la maison. Alors il tint l’aiguille dans ses doigts, à hauteur de son nez, et il marcha, tout doucement, tout doucement. Toumani, un de ses amis, le rejoignit sur la route et lui demanda pourquoi il se déplaçait si lentement. Phanuel ne lui répondit pas car il était très concentré. Toumani lui donna un coup de fesse pour attirer son attention. Pendant qu’il expliquait sa situation à son ami, Phanuel laissa tomber son aiguille. Toumani se moqua de lui : « Ne panique pas Phanuel, regarde à tes pieds ! L’aiguille est là ! Si tu ne veux plus la perdre, plante-la dans le sac que je porte sur la tête ». Arrivé chez lui, Phanuel crut qu’il avait égaré son aiguille et fouilla dans tout le sac. Malheureusement, le sac était rempli de crottes ! Et Phanuel en avait des pieds jusqu’à la tête ! Sa maman, très gentille, l’envoya se laver et lui expliqua : « Pour ne pas perdre ton aiguille, plante-la sur ta chemise ».

Quelques jours plus tard, Phanuel fut chargé d’acheter du beurre. Obéissant, Phanuel alla chez le marchand qui lui remit un petit bout de beurre emballé dans du papier. Se souvenant des conseils de sa maman, Phanuel sortit le beurre de son emballage et l’étala sur sa chemise. Lorsqu’elle vit arriver son fils, la mère de Phanuel leva les bras au ciel et s’exclama : « Mon fils ! Tu n’as donc rien compris ? Pour transporter du beurre, il faut le mettre dans un plat rempli d’eau afin qu’il ne fonde pas. Va laver ta chemise ! ». Phanuel hocha la tête et promit à sa mère de ne plus faire de bêtises.

Quelques mois plus tard, l’oncle de Phanuel voulut réaliser le rêve de son neveu et lui offrit un chiot, un berger chinois. Phanuel fut très heureux et, se souvenant des conseils de sa maman, mit le chiot dans un plat avec de l’eau pour le ramener chez lui. A son arrivée, sa mère ouvrit le plat, découvrit le chiot noyé et s’évanouit. Lorsqu’elle reprit connaissance, elle dit à son fils : « Mon fils ! Tu n’as donc rien compris ! On ne met pas un chien dans un plat rempli d ’eau ! On le traine en laisse ! » Le jeune Phanuel fut surpris, il regarda sa mère avec des yeux tout ronds. « Il faut mettre une corde autour du cou du chien (ne serre pas trop la corde !) puis l’appeler pour qu’il vienne ». Phanuel hocha la tête et promit à sa mère de ne plus faire de bêtises.

Quelques années plus tard, Phanuel avait alors vingt ans, toutes les filles tombaient amoureuses de lui parce qu’il était très beau, très grand et très fort. Mais il était aussi très peureux : à chaque fois qu’une fille lui souriait, il se sauvait et se cachait sous son lit. Un jour sa mère lui choisit la plus belle fille du village pour épouser son fils. Phanuel se sentait bizarre, pourtant il accepta la proposition de sa mère, parce qu’elle était gentille et qu’elle lui avait toujours donné de bons conseils.

Le jour du mariage, après la cérémonie, Phanuel alla chercher une corde, la mit autour du cou de la jeune mariée et passa l’autre bout autour de son cou à lui. Tous les invités furent étonnés et sourirent. La mère du marié dit : « Ce n’est pas comme ça qu’on s’occupe de sa femme ! ». Phanuel répondit : « Si elle tombe, je tombe aussi. Si elle se relève, je me relève aussi. Nous sommes liés et la corde est le signe de ce lien. Je ne suis pas malin, mais je suis intelligent ». Depuis ce jour, dans le pays de Phanuel, les mariés se mettent la corde autour du cou en symbole de leur amour.